Qu’est-ce que la traite des personnes?

La traite sexuelle

Qu'est-ce que la traite à des fins sexuelles?

La traite à des fins sexuelles se produit lorsqu’une personne est contrôlée, menacée ou manipulée afin d’échanger des services sexuels contre de l’argent, et que la personne qui la contrôle — le ou la trafiquant·e — s’approprie toutes ou la majeure partie de cet argent. Ce type de manipulation et de contrôle peut se produire en ligne ou en personne. Un·e trafiquant·e commence souvent par cibler une personne et gagner sa confiance, parfois en répondant à ses besoins fondamentaux tels que la nourriture, le logement ou la drogue. Une fois la confiance établie, le·la trafiquant·e exploite les vulnérabilités physiques ou émotionnelles de la personne pour la contraindre à vendre des services sexuels.

Un scénario courant de traite à des fins sexuelles

La traite à des fins sexuelles ne se produit pas du jour au lendemain : il s’agit d’un processus qui évolue au fil du temps. Dans de nombreux cas, ce processus est lent : le conditionnement et la manipulation peuvent prendre des semaines, voire des mois. Cependant, il peut parfois se dérouler plus rapidement. Bien qu’il n’existe pas deux situations de traite identiques, elles peuvent présenter des étapes communes. Voici à quoi peut ressembler le processus lorsque un·e trafiquant·e se présente comme un partenaire amoureux.

Les trafiquant·e·s entrent souvent en contact avec des personnes par l'intermédiaire d'un de leurs proches, comme un·e ami·e·s, une connaissance ou même un membre de leur famille. Dans d'autres cas, les trafiquant·e·s peuvent aborder quelqu'un en ligne ou dans des lieux publics, tels que des refuges, des centres d'accueil, des centres commerciaux, des écoles ou d'autres lieux fréquentés par les jeunes. Au début, les personnes qui se livrent à la traite se montrent souvent amicales, attentives et même charmantes. Elles s'efforcent de faire en sorte que la personne se sente considérée, appréciée et spéciale afin d'établir une relation de confiance. Au début, les trafiquant·e·s posent des questions et observent attentivement la personne afin de déterminer ce qu'elle souhaite ou ce dont elle a besoin. Cette personne peut être en quête d'amour, d'appartenance ou d'un nouveau départ. Elle peut également être confrontée à des difficultés liées au logement, à l'alimentation ou à l'argent. Le trafiquant·e utilise ces informations pour façonner la relation de manière à ce que la personne se sente prise en charge.

Une fois la confiance établie, la personne qui exploite peut se présenter comme un·e partenaire attentionné·e, un·e ami·e ou un·e protecteur·rice. Elle peut fournir la personne victime de la nourriture, un abri ou des cadeaux. Elle peut même lui faire de grandes promesses concernant leur avenir commun. Ces gestes ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être : ils sont souvent utilisés pour créer une dépendance émotionnelle ou un sentiment d'obligation.

La manipulation est un processus calculé. À ce stade, les trafiquant·e·s ont créé un sentiment de dépendance émotionnelle en accordant à la personne beaucoup d'attention, d'affection et de soutien. Les trafiquant·e·s peuvent alors commencer à retirer à la personne les éléments qui lui donnaient le sentiment d'être aimée. Ils·elles peuvent également créer un sentiment de dette, en affirmant que la personne lui est désormais redevable ou qu'elle doit contribuer financièrement à leur avenir commun. Un·e trafiquant·e commencera à exercer un contrôle plus important, souvent en conservant les papiers d'identité de la victime, en limitant ses contacts et en restreignant ses déplacements et ses activités. Si la victime résiste, un·e trafiquant·e peut réagir par des menaces, des reproches ou du chantage émotionnel afin de maintenir son contrôle.

Un·e trafiquant·e peut exiger que la personne victime de traite vende des services sexuels afin d'atteindre des quotas quotidiens spécifiques, tels que rapporter une certaine somme d'argent, pour éviter des sanctions ou pour que ses besoins fondamentaux soient satisfaits. Le·la trafiquant·e peut créer une illusion de liberté, mais en réalité, la personne victime de traite n'a que peu ou pas de choix. Au contraire, le·la trafiquant·e peut contrôler ses déplacements, ses communications et ses habitudes quotidiennes. Parfois, les trafiquant·e·s donnent des drogues à la personne afin de la rendre dépendante et plus facile à contrôler.

La personne victime de traite peut être contrainte de recruter de nouvelles victimes pour le·la trafiquant·e, éventuellement en échange d'une rédution de son quota, de moins de menaces et de moins de violence. Le·la trafiquant·e peut tenter de la convaincre qu'elle est la personne la plus importante dans sa vie, que les autres ne sont pas aussi spéciales, afin de renforcer le lien entre la victime et le·la trafiquant·e. Un·e trafiquant·e peut également menacer ou causer du tort aux personnes nouvellement recrutées si elles ne suivent pas ses ordres. Être contraint·e de recruter d'autres personnes peut aggraver le traumatisme d'une personne. Cela peut provoquer un sentiment de culpabilité, de honte et de confusion quant à son rôle, ce qui rend encore plus difficile de partir ou de demander de l'aide.

Personne ne choisit d'être victime de traite à des fins sexuelles

Si vous pensez que vous ou une personne de votre entourage êtes concerné·e, nous sommes là pour vous aider.

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Connaissez les signes

La traite à des fins sexuelles n’est pas toujours facile à détecter, il est donc utile de savoir quels sont les signes à rechercher. Un seul signe ne signifie pas nécessairement la présence de traite à des fins sexuelles. Il est préférable d’examiner comment ces comportements se recoupent dans la vie d’une personne qui vous préoccupe.

  • S’éloigner de ses ami·e·s et de sa famille
  • Une nouvelle amitié ou relation intense et évoluant rapidement
  • Absence fréquente du domicile, de l’école, du travail ou des cercles sociaux
  • Réponses préparées ou répétées lorsqu’on lui pose des questions
  • Contrôle limité sur ses déplacements, ses activités ou ses fréquentations
  • Recevoir des cadeaux inattendus ou posséder des articles qu’il ne peut pas se permettre
  • Changement d’apparence : nouveaux vêtements, accessoires, appareils électroniques, maquillage ou ongles
  • Se montrer nerveux·euse, effrayé·e ou mal à l’aise
  • Avoir des tatouages représentant le nom ou le symbole d’un·e trafiquant·e
  • Ne pas avoir accès à ses papiers d’identité ou à ses documents personnels
  • Montrer des signes de maltraitance : coupures, bleus, brûlures, épuisement
  • Commencer à consommer ou augmenter sa consommation de drogues ou d’alcool

Mythes et réalités concernant la traite à des fins sexuelles

La traite à des fins sexuelles implique toujours le franchissement de frontières internationales.

Révéler le fait

Au Canada, la traite à des fins sexuelles implique rarement le déplacement de personnes au-delà des frontières. Une personne peut être victime de traite sans jamais quitter sa propre communauté. Au Canada, la plupart des survivant·e·s de la traite à des fins sexuelles sont des citoyen·ne·s canadien·ne·s ou des résident·e·s permanent·e·s victimes de traite à l’intérieur du pays.

Toute personne travaillant dans l'industrie du sexe est victime de traite.

Révéler le fait

Certaines personnes travaillant dans l'industrie du sexe sont indépendantes : elles choisissent leurs clients, les services qu'elles proposent et leurs tarifs. Elles conservent également l'argent qu'elles gagnent. Les personnes victimes de traite à des fins sexuelles n'ont pas ce type de contrôle.

La traite à des fins sexuelles ne concerne que les femmes et les filles.

Révéler le fait

Bien que les femmes et les filles soient plus susceptibles d'être victimes de traite à des fins sexuelles, toute personne, quel que soit son genre, peut être victime de traite.

Si une personne accepte de vendre des services sexuels une seule fois ou si elle reste avec le·a trafiquant·e, elle accorde un consentement indéfiniment.

Révéler le fait

Personne ne peut consentir à être exploité·e ou victime de traite. Le consentement doit être donné librement et de manière continue, et il peut être retiré à tout moment. Accepter une fois de vendre des services sexuels ne signifie pas que l'on accepte de le faire pour toujours.

N'hésitez pas à nous contacter si quelque chose ne vous semble pas normal.

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